Vous êtes nombreux à arriver en consultation en me disant : « Je sens bien qu’il y a quelque chose, mais je ne sais pas quoi. »
Alors, c’est parti ! Mettons des mots sur les signes comportementaux que vous pouvez observer, sans poser d’étiquette, sans dramatiser, et surtout sans vous culpabiliser. Il s’inscrit dans une démarche d’observation quotidienne, conforme aux recommandations de bonnes pratiques professionnelles (HAS).
Les signes que vous pouvez percevoir
Votre enfant semble toujours en mouvement
Il se lève souvent, gigote, touche à tout, se balance sur sa chaise… Même lors des moments calmes, son corps continue de s’exprimer.
= Beaucoup d’enfants ont du mal à moduler leur activité motrice selon le contexte, même quand on leur demande de rester calme.
Des difficultés de concentration… surtout quand il faut en avoir
Peut-être remarquez-vous qu’il commence des tâches sans les finir, qu’il oublie les consignes, qu’il semble ailleurs quand vous lui parlez.
Et pourtant… il peut rester concentré très longtemps sur ce qui le passionne.
= Cette fluctuence de l’attention selon les situations peut dérouter, ce n’est pas un manque de volonté.
Une impulsivité qui déborde
Peut-être répond-il avant que vous ayez fini de poser votre question, coupe la parole, agit sans réfléchir, ou se met facilement en colère.
= L’impulsivité n’est pas un manque de respect ni un choix délibéré. C’est souvent une difficulté à freiner ses réactions.
Une gestion des émotions intense
Vous remarquez peut-être des colères fréquentes, une frustration difficile à tolérer, ou des passages rapides du rire aux larmes.
= Il s’agit le plus souvent d’une difficulté de régulation émotionnelle.
Votre fatigue parentale
Vous vous sentez épuisé : répéter sans cesse, avoir l’impression de ne jamais y arriver, douter, culpabiliser.
= Ce n’est pas un échec parental. C’est un signal qu’un ajustement ou un soutien pourrait aider.
Ce que ces signes ne signifient pas automatiquement
Conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé, ces comportements ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à un trouble ou à un diagnostic. Ils indiquent avant tout un fonctionnement particulier qui peut bénéficier d’adaptations et d’accompagnement.
Observer avant d’agir
Avant toute démarche diagnostique, il est recommandé d’observer les situations où les difficultés apparaissent, de noter ce qui aide ou apaise, de comprendre le contexte (fatigue, exigences scolaires, environnement).
= Mettre du sens avant de mettre un mot.
Ce que l’on retiendra…
- Les signes que vous observez sont comportementaux, pas diagnostiques.
- Ils apparaissent dans le quotidien, à la maison et à l’école.
- Vos inquiétudes sont légitimes.
- Un accompagnement éducatif et parental peut vous aider à comprendre, ajuster l’environnement et soutenir les compétences de votre enfant ET les vôtres, sans jugement.
Si vous vous reconnaissez dans ces descriptions, VOUS N’ÊTES NI SEUL, NI EN RETARD, NI MAUVAIS PARENT.
Comprendre le fonctionnement de votre enfant est souvent le premier pas vers plus d’apaisement pour lui ET pour vous.